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Le blog des privés d'emploi  cgt ales

FICTION OU RÉALITÉ ?

10 Avril 2015 , Rédigé par Privés d'emploi Alès

FICTION OU RÉALITÉ ?

Février 2016, l’hiver est rigoureux. La France manque d’électricité. Les centrales nucléaires tournent à plein régime mais ce sont les moyens de production dits « de pointe », car chargés de passer les pics de consommation, qui font défaut. Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les centrales à charbon et au fioul, les plus polluantes, représentant une capacité de production de 8 600 mégawatts (MW), ont été fermées par EDF. Des centrales à gaz ont bien été construites pour les remplacer mais l’envolée du prix du gaz les a rendues non rentables aux yeux de leurs propriétaires, Poweo et GDF Suez, qui les ont placées « sous cocon ». Quant aux centrales photovoltaïques et éoliennes, elles ne sont pas d’un grand secours. Le pic de consommation a lieu en début de soirée, quand le soleil a disparu et, sous nos latitudes, les grands froids sont synonymes d’anticyclone, donc d’absence de vent. Reste la solution d’importer de l’électricité de Belgique et d’Allemagne, mais les capacités de transport plafonnent aux environs de 9 000 MW et, de toute façon, nos voisins sont confrontés aux mêmes températures glaciales. Selon Réseau de transport d’électricité (RTE), la filiale d’EDF chargée de veiller à l’équilibre permanent production-consommation, qui a lancé mercredi 10 septembre « un message d’alerte », il pourrait manquer 900 MW de capacité de production dès l’hiver 2015-2016 et plus de 2 000 l’année suivante.

FICTION OU RÉALITÉ ?

Risques de coupures

Pour éviter le black-out, RTE pourrait alors procéder à des délestages. Plusieurs centaines de milliers de foyers et des milliers d’entreprises risquent d’être volontairement privés d’électricité le temps que la consommation retombe à un niveau compatible avec la capacité de production.

Ce scénario illustre à sa façon à quoi aboutira la transition énergétique si elle est pilotée par le marché : une société de pénurie où les plus aisés auront toujours les moyens de s’offrir la garantie d’être approvisionnés en énergie et en électricité, quelles que soient les circonstances, tandis que les plus modestes connaîtront les privations. L’ouverture à la concurrence a profondément transformé le secteur de l’électricité, qui est passé d’un système d’opérateur unique mû par la satisfaction des besoins des usagers à un système concurrentiel en partie privatisé, où la recherche du profit sert désormais de boussole. Ainsi, des investissements nécessaires au regard des besoins de la population risquent de ne pas être effectués au motif de leur « non-rentabilité ». Dès lors, pour assurer l’équilibre production- consommation d’électricité, les opérateurs agiront pour restreindre la demande en augmentant le niveau des prix et développer une politique d’effacement. Ne plus produire pour satisfaire à des besoins mais adapter la consommation aux moyens de production. Gagner de l’argent en coupant l’électricité plutôt qu’en la produisant, quelle aubaine !

Telle pourrait-être la réalité de demain si nous laissons l’énergie aux mains du marché et du grand capital. Alors, réalité ou fiction……. Le choix vous appartient.

NON A LA LOI DE TRANSACTION ELECTRIQUE

OUI AU POLE PUBLIC DE L’ENERGIE

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